Se défendre

VOUS ÊTES VICTIME

Les VSS, lorsqu’elles ont lieu dans un contexte professionnel ou universitaire, impliquent souvent un rapport hiérarchique en faveur du harceleur ou de l’agresseur. La victime peut avoir d’autant plus de mal à imposer son refus dans un tel contexte. Vous avez le droit de dire non, de poser vos limites, y compris à un professeur, un collègue, un supérieur hiérarchique. Écoutez-vous, faites confiance à votre ressenti : vous êtes seul·e juge de vos limites, et le malaise que vous ressentez lorsqu’elles sont transgressées est un signal à prendre au sérieux.

Si vous vous sentez mal à l’aise face à une situation, vous avez le droit de le faire savoir. Essayez si possible de vous opposer aux agissements de l’agresseur (par exemple en disant non, en arrêtant de répondre, en s’éloignant physiquement…). Dire non à un enseignant ou un responsable hiérarchique est difficile. Vous pouvez avoir l’impression d’avoir « consenti » en n’exprimant pas clairement votre refus. Une situation dans laquelle votre refus peut entrainer des représailles pour votre carrière ou vos études est un dysfonctionnement de la relation professionnelle. 

Rappelez-vous que l’agresseur est le seul responsable de cette situation. Les agresseurs mettent en place de véritables stratégies pour assurer leur impunité et continuer leurs agissements : se rendre insoupçonnable, instaurer la confiance, déstabiliser la victime, l’isoler, l’intimider et la sanctionner…

Voici quelques pistes pour vous défendre : 

  • Évitez les situations où vous êtes seule avec l’agresseur : faites-vous accompagner aux rendez-vous, exigez que la porte du bureau reste ouverte, refusez les invitations au domicile de la personne, à l’extérieur de l’école ou de l’université. D’une manière générale, tout ce qui vous permet de vous sentir en sécurité est une bonne stratégie !
  • Faites appel à la solidarité des personnes autour de vous : si les VSS ont lieu devant d’autres personnes, vous pouvez leurs demander d’intervenir et de vous soutenir. Vous pouvez également leur demander leurs contacts pour les solliciter comme témoins lors de démarches ultérieures.
  • Cherchez des allié·es : il est important de ne pas rester isolé·e ; parlez de votre situation à des personnes de confiance (élèves/étudiant·es/collègues). Vous pouvez aussi contacter une association ou un syndicat.
  • Conservez les preuves matérielles des VSS et de leurs conséquences : SMS, mails, lettres, cadeaux, certificats médicaux… La réaction spontanée (et légitime) est de s’en débarrasser, en espérant que cela ne se reproduise pas. Sachez que ces éléments matériels seront très utiles si vous décidez de dénoncer l’agresseur. L’enregistrement comme moyen de preuve est autorisé en France.
  • Consignez la situation par écrit, avec la plus grande précision possible : qui, où, quand, dans quelles circonstances, quelles paroles, quels gestes, votre ressenti, vos réactions, les personnes auxquelles vous en avez parlé… Cette démarche est difficile (l’écriture peut vous faire revivre une situation que vous préféreriez peut-être oublier), mais elle aide à prendre du recul sur une expérience éprouvante. De plus, ce récit vous permettra de garder une trace, essentielle pour une éventuelle procédure (un récit circonstancié des faits vous sera demandé pour toutes démarches disciplinaires ou pénales). Vous éviterez le risque fréquent d’altération involontaire de la mémoire.

VOUS ÊTES témoin ou confident·e

Votre solidarité est importante : si les VSS ont lieu devant vous, vous pouvez intervenir pour les interrompre et soutenir la victime lorsqu’elle se défend. Proposez-lui votre aide, discutez ensemble de ce que vous pouvez faire pour mettre un terme à cette situation. Vous pouvez également consigner ce que vous avez vu par écrit et garder ce témoignage ou le transmettre à la victime si elle le souhaite.

 Soyez à l’écoute si l’on vous confie une situation de VSS : la première confidence est déterminante. Si la victime se sent jugée, mise en doute, elle n’osera peut-être plus jamais en reparler. Vous pouvez lui conseiller de garder une trace des faits (captures d’écran, récit, noms des témoins). Évitez de poser des questions, qui peuvent s’avérer intrusives ou culpabilisantes. Évitez aussi tout jugement moral et toute culpabilisation : les phrases du type « A ta place, j’aurais… » sont à proscrire ! Elles ne sont d’aucune aide pour la victime et renforcent le sentiment de culpabilité. Soyez attentif·ve à ne pas minimiser les faits en voulant rassurer la victime.

Respectez la confidentialité : ne racontez pas la situation à d’autres personnes de votre entourage ou de l’entourage de la victime sans son accord explicite. Si vous souhaitez prendre conseil auprès d’associations ressources, respectez l’anonymat de la victime à moins qu’elle ne vous demande explicitement de la nommer. 

Informez la victime sur ses droits et les recours dont elle dispose et/ou orientez-la vers une association ou un syndicat. Validez sa démarche quelle qu’elle soit (entamer une procédure, en parler à sa hiérarchie, ne rien faire, attendre…). Rappelez-vous que ce n’est pas à vous de décider à sa place.

Témoignez : si la victime décide d’engager une procédure, votre témoignage sera important. Mettez par écrit ce qui s’est passé, ce à quoi vous avez assisté, ce que la victime vous a raconté, ainsi que les preuves matérielles de ces échanges (SMS, mails, etc.).

Quelles démarches possibles ?

Des procédures indépendantes peuvent être entamées pour vous protéger et/ou faire condamner votre agresseur. Ces démarches pourront aussi vous permettre de sortir de l’isolement et de faire reconnaître que les faits que vous avez subis étaient illégitimes et illégaux.

Avant de s’engager, il faut savoir que les procédures peuvent être longues et éprouvantes et leurs issues incertaines. Pour ces raisons, un accompagnement par des personnes compétentes est utile.

Besoin dE ConseilS ?

Le CLASCHES est là pour vous écouter, vous informer et vous accompagner, quelle que soit la démarche que vous souhaitez (ou non) engager. Contactez-nous ici ↗ 

Ne rien faire pour l’instant

C’est aussi un choix.
Vous avez le droit de prendre le temps, de vous protéger, de parler plus tard, ou pas du tout.

Même si vous ne souhaitez pas lancer de procédure pour l’instant, vous pouvez agir en écrivant votre récit circonstancié, en gardant des preuves, en parlant à votre entourage, en mettant en place des stratégies pour vous éloigner de l’agresseur.

Le CLASCHES reste disponible à tout moment et recueille également les témoignages anonymes .

Signaler à l’établissement (recours interne)

Vous pouvez signaler les faits à la direction ou à une personne référente, même sans porter plainte.

Une procédure disciplinaire peut être engagée, et des mesures peuvent être mises en place (accompagnement, protection, changement d’encadrement…). Chaque établissement a ses procédures. Le CLASCHES peut vous aider à y voir plus clair.

Porter plainte (recours judiciaire)

Vous pouvez entamer une procédure pénale en portant plainte au commissariat, à la gendarmerie ou auprès du/de la procureur·e de la République. Une plainte est suivie d’une enquête de police ou de gendarmerie, de la décision du/de la procureur·e (qui reçoit la plainte ou la classe sans suite), de l’instruction qui peut durer plusieurs années, puis du procès.

Le CLASCHES n’est pas spécialisé sur ces procédures mais vous recommande les associations suivantes : AVFT, CFCV ou France Victimes ↗

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Urgences

Appelez le 17 (Police), 15 (SAMU), le 3114 (Numéro National de Prévention du Suicide) ou contactez SOS Viols Femmes Info au 0 800 05 95 95 (appel anonyme et gratuit).

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